Un matin, vous remarquez que votre chien se gratte frénétiquement depuis des jours. Vous inspectez son pelage et découvrez une petite tache sombre qui s’accroche fermement : une tique. Le week-end suivant, votre chat vomit des petits “grains de riz”… en réalité des anneaux de vers plats.
Ces scènes sont banales et pourtant, elles révèlent une réalité invisible : les parasites sont partout. Ils sont capables de gâcher la vie de nos animaux, de transmettre des maladies graves, et parfois même de contaminer notre foyer.
Heureusement, avec un peu d’anticipation et les bons gestes, vous pouvez protéger efficacement vos compagnons. Ce guide vous explique :
- Quels sont les parasites les plus fréquents chez chiens, chats et NAC,
- Comment les reconnaître au quotidien,
- Les gestes de prévention à mettre en place,
- Les erreurs à éviter absolument.
Parasites externes : les ennemis visibles mais discrets
1. Les puces : minuscules mais redoutables

Les puces sont les parasites externes les plus connus. Une seule piqûre peut suffire à déclencher une réaction allergique intense chez certains animaux.
Signes d’alerte :
- Grattage frénétique, surtout à la base de la queue.
- Croûtes, rougeurs, zones de poils clairsemés.
- Petits points noirs dans le pelage (déjections de puces).
Risques :
- Transmission de vers plats (tænia) si l’animal avale une puce en se léchant.
- Allergies graves (DAPP : dermatite allergique aux piqûres de puces).
- Anémie chez les chatons ou chiots infestés massivement.
Prévention efficace :
- Pipettes ou comprimés antiparasitaires (efficaces 1 à 3 mois selon la molécule).
- Colliers spécifiques (à condition de les renouveler dans les délais).
- Nettoyage de l’environnement : aspirateur régulier, lavage à 60 °C des paniers et plaids.
Astuce : placez un drap blanc sous votre animal et brossez-le : si des petits points noirs tombent et rougissent au contact de l’eau, ce sont bien des crottes de puces.
2. Les tiques : petites bêtes, grands dangers
La tique est l’un des parasites les plus redoutés, car elle peut transmettre des maladies graves en quelques heures seulement.
Symptômes à surveiller après une piqûre :
- Fatigue inhabituelle, refus de jouer.
- Fièvre, perte d’appétit.
- Urines foncées (signe possible de piroplasmose).
Risques :
- Piroplasmose (souvent mortelle si non traitée rapidement).
- Maladie de Lyme.
- Anaplasmose.
Gestes à adopter :
- Inspecter systématiquement l’animal après une balade, surtout aux oreilles, coussinets, entre les cuisses.
- Retirer immédiatement la tique avec un crochet tire-tique (jamais les doigts, jamais d’huile → risque de régurgitation de la tique).
- Surveiller l’animal les jours suivants.
Voir aussi : Trousse de secours pour animaux : indispensables à avoir chez soi
3. Les acariens : gale et démangeaisons infernales
La gale est provoquée par des acariens microscopiques qui creusent des galeries dans la peau.
Signes :
- Démangeaisons intenses.
- Perte de poils par plaques.
- Oreilles rouges avec dépôts bruns (gale des oreilles).
Très contagieuse, elle nécessite une consultation vétérinaire et un traitement médicamenteux précis.
Parasites internes : des ennemis cachés mais destructeurs
1. Les vers ronds (ascaris)
Très fréquents chez les chiots et chatons.
- Symptômes : ventre gonflé, diarrhées, vomissements.
- Risques : retard de croissance, affaiblissement général.
2. Les vers plats (tænia)
Transmis par les puces.
- Symptôme typique : petits segments blancs mobiles dans les selles ou autour de l’anus.
3. Les vers pulmonaires et cardiaques
Moins fréquents mais beaucoup plus dangereux.
- Symptômes : toux persistante, essoufflement.
- Risques : insuffisance cardiaque, décès.
Vermifuger régulièrement reste le seul moyen efficace de limiter ces infestations.
Parasites et NAC : un monde à part
Chez les lapins et rongeurs
- Coccidies : protozoaires provoquant diarrhée, perte de poids, mortalité chez les jeunes.
- Puces et poux : également possibles, surtout en contact avec d’autres animaux.
Chez les oiseaux
- Acariens des plumes → plumage terne, démangeaisons, fatigue.
- Acariens respiratoires → toux, difficultés à respirer.
Chez les reptiles
- Acariens des reptiles : visibles comme des points noirs sur la peau, provoquent irritation et anémie.
Dans tous les cas, une consultation avec un vétérinaire spécialisé NAC est indispensable.
Plan de prévention complet
1. Traiter régulièrement vos animaux
- Chiots/chatons : toutes les 2 semaines jusqu’à 3 mois, puis 1 fois par mois jusqu’à 6 mois.
- Adultes : tous les 3 mois en vermifuge, antiparasitaires externes selon la saison.
2. Maintenir une hygiène rigoureuse
- Aspirer la maison au moins 2 fois par semaine.
- Laver les couchages et jouets régulièrement.
- Brosser l’animal pour repérer les anomalies.
3. Adapter selon le mode de vie
- Chien citadin = risque de puces même en appartement.
- Chat d’intérieur = peut attraper des puces via les vêtements des humains.
- Chien de campagne = vigilance maximale contre les tiques.
Les urgences parasitaires : savoir réagir vite
- Infestation massive de puces chez un chaton → risque d’anémie grave, urgence vétérinaire.
- Tique avec fièvre et abattement → piroplasmose, urgence vitale.
- Vomissements avec vers visibles → déshydratation, urgence chez chiot ou chaton.
Conseil pratique : gardez toujours dans votre trousse vétérinaire : un crochet à tiques, un vermifuge adapté, et le numéro du vétérinaire en cas d’urgence.
Les erreurs fréquentes des maîtres
- “Mon chat ne sort pas, il n’a pas besoin de traitement” → faux. Les puces voyagent sur nos vêtements.
- “Je vais donner de l’ail, c’est naturel” → dangereux et inefficace.
- “Je mets la pipette chien sur le chat” → certains produits sont mortels pour les chats.
- “Je traite une fois et c’est fini” → les parasites reviennent toujours sans suivi régulier.
- “Je traite l’animal mais pas la maison” → 95 % des puces se trouvent dans l’environnement.
Chiffres utiles à retenir
- Une puce adulte pond jusqu’à 50 œufs par jour.
- 95 % des puces se trouvent dans l’environnement (sol, tapis, coussins).
- 80 % des chiots sont porteurs de vers à la naissance.
- Une tique infectée peut transmettre une maladie en moins de 24 heures.
FAQ
Dois-je traiter mon animal même en hiver ?
Oui, car les parasites survivent dans nos maisons chauffées.
Puis-je donner un vermifuge naturel ?
Non, aucun vermifuge naturel n’a prouvé son efficacité → uniquement vétérinaire.
Combien coûte un traitement antiparasitaire ?
Entre 5 et 20 € par mois selon le produit et le poids de l’animal.
Puis-je vermifuger et traiter contre les puces en même temps ?
Oui, certains produits combinés existent, mais demandez toujours conseil au vétérinaire.
Les parasites sont de véritables ennemis invisibles du quotidien. Mais avec un plan simple et régulier, vous pouvez protéger vos compagnons et votre foyer :
- Traiter l’animal selon son âge et son mode de vie,
- Maintenir un environnement propre,
- Agir vite en cas de signes suspects.
Un maître vigilant, c’est un animal protégé et une maison saine.