Vous appelez votre chien au parc, il vous regarde… puis repart dans la direction opposée. Cette situation est extrêmement fréquente et souvent décourageante pour les maîtres. Pourtant, un chien qui ne revient pas au rappel n’est ni stupide, ni dominant, ni “ingérable”. Dans l’immense majorité des cas, le rappel n’a simplement jamais été appris correctement, ou a été mal renforcé.
Le rappel est pourtant l’un des apprentissages les plus importants pour la sécurité de votre chien et la vôtre. Un bon rappel permet d’éviter les accidents, les fugues, les conflits avec d’autres chiens ou les dangers de la route.
Bonne nouvelle : il n’est jamais trop tard pour apprendre le rappel, même chez un chien adulte ou déjà “désobéissant”.

Pourquoi le rappel est-il si difficile pour beaucoup de chiens ?
Avant de corriger le problème, il faut en comprendre les causes. Le rappel échoue rarement par hasard.
Le rappel a été associé à quelque chose de négatif
Beaucoup de chiens ont appris, sans que le maître s’en rende compte, que “revenir” signifie :
- fin de la promenade,
- remise en laisse,
- retour à la maison,
- parfois même une punition ou une réprimande.
Résultat : le chien évite volontairement de revenir, car revenir n’a rien d’avantageux pour lui.
Le rappel n’a jamais été renforcé correctement
Crier le nom du chien, répéter dix fois “viens”, puis finir par l’attraper quand il revient, n’est pas un apprentissage.
Un rappel efficace repose sur une règle simple : revenir doit toujours être plus intéressant que rester à distance.
Les distractions sont trop fortes
Odeurs, autres chiens, joggeurs, animaux sauvages… Pour un chien, le monde extérieur est une explosion de stimulations.
Si le rappel n’a pas été travaillé progressivement, il devient impossible dès que l’environnement est stimulant.
Les erreurs majeures qui sabotent le rappel
Avant même d’apprendre quoi faire, il est essentiel d’arrêter ce qui empêche le progrès.
- Appeler son chien pour le rattacher systématiquement.
- Répéter le rappel en boucle sans conséquence.
- Se fâcher lorsqu’il revient lentement.
- Utiliser le rappel uniquement en situation d’échec.
- Lâcher le chien trop tôt sans base solide.
Ces erreurs apprennent au chien une chose simple : le rappel n’est ni important, ni fiable.
La méthode progressive pour apprendre un rappel fiable
Le rappel s’apprend en plusieurs étapes, jamais d’un coup. Chaque phase doit être maîtrisée avant de passer à la suivante.
Étape 1 : reconstruire la valeur du rappel à la maison
Commencez dans un environnement sans distraction.
- Choisissez un mot unique (“viens”, “ici”, ou le prénom).
- Appelez votre chien une seule fois.
- Dès qu’il vient vers vous, récompensez immédiatement (friandise, caresse, voix joyeuse).
- Relâchez-le ensuite, sans le contraindre.
Objectif : le chien doit comprendre que venir vers vous est toujours positif.
Étape 2 : travailler le rappel en longe à l’extérieur
La longe est un outil essentiel, trop souvent négligé.
- Utilisez une longe de 5 à 10 mètres.
- Laissez le chien explorer.
- Appelez-le calmement.
- S’il hésite, guidez-le doucement avec la longe, sans tirer brutalement.
- Récompensez systématiquement le retour.
Cette étape permet d’apprendre au chien à revenir même en présence de distractions, tout en restant en sécurité.
Étape 3 : rendre le rappel plus intéressant que l’environnement
Votre chien doit apprendre que vous êtes la meilleure option.
- Variez les récompenses (friandises très appétentes, jeu, enthousiasme).
- Accroupissez-vous, rendez-vous attractif.
- Récompensez davantage lorsque l’environnement est plus stimulant.
Un bon rappel n’est pas qu’un ordre : c’est une promesse de quelque chose de positif.
Étape 4 : intégrer le rappel dans la vraie vie
Quand le rappel fonctionne en longe, vous pouvez commencer à :
- lâcher la longe au sol,
- puis la retirer dans des zones sécurisées.
Continuez à rappeler votre chien sans toujours l’attacher ensuite.
Le rappel ne doit jamais annoncer la fin du plaisir.
Que faire si mon chien ignore complètement le rappel ?
Certains chiens semblent “sourds” au rappel. En réalité, ils ont simplement appris que ne pas revenir n’a aucune conséquence.
Solutions efficaces :
- revenir temporairement à la longe,
- augmenter la valeur des récompenses,
- réduire les distractions,
- travailler plus fréquemment mais sur de courtes sessions.
La régularité vaut toujours mieux que la durée.
Cas particuliers à connaître
Le chiot
Chez le chiot, le rappel est plus facile, mais aussi plus fragile.
Il faut :
- rappeler souvent,
- toujours récompenser,
- éviter toute punition.
Un mauvais rappel appris jeune peut devenir un problème durable à l’âge adulte.
Le chien adulte ou adopté
Un chien adulte peut parfaitement apprendre le rappel, même s’il ne l’a jamais connu.
Il faudra simplement :
- plus de patience,
- une progression plus lente,
- parfois l’aide d’un éducateur canin.
Quand faire appel à un professionnel
Si malgré un travail régulier le rappel reste inexistant, un éducateur canin comportementaliste peut :
- analyser la situation précise,
- adapter la méthode au tempérament du chien,
- corriger les erreurs du maître.
Quelques séances suffisent souvent à débloquer la situation.
Donnée clé à retenir
Selon les professionnels de l’éducation canine, le rappel est la première cause de mise en danger du chien en liberté, devant l’agressivité et la fugue.
Un rappel fiable est un outil de sécurité, pas un simple exercice d’obéissance.
Questions fréquentes
Faut-il punir un chien qui ne revient pas ?
Non. La punition détruit la motivation et aggrave le problème.
Puis-je utiliser un sifflet de rappel ?
Oui, à condition de l’associer à un apprentissage progressif et positif.
Mon chien revient seulement quand il en a envie, est-ce normal ?
Oui, tant que le rappel n’est pas suffisamment renforcé et cohérent.
À retenir Un bon rappel ne repose ni sur la force, ni sur l’autorité, mais sur la motivation, la cohérence et la progressivité.
Avec une méthode adaptée, de la patience et des récompenses bien choisies, tout chien peut apprendre à revenir, même s’il “n’obéit pas” aujourd’hui.